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L’alphabet portugais : 26 lettres, leur nom et leur prononciation

MnezoPrononciation · 7 min de lecture

L’alphabet portugais compte 26 lettres, les mêmes qu’en français. Le K, le W et le Y y sont officiellement revenus avec l’accord orthographique de 1990, en vigueur au Brésil depuis 2009. Tu trouveras ici chaque lettre avec son nom brésilien, l’API, une transcription « à la française » et un audio BR-PT synthétisé, puis les lettres qui ne se prononcent pas comme en français, les digrammes, les accents et la façon d’épeler ton nom à la banque, chez le médecin ou à la Polícia Federal.

Tu veux entendre ton nom épelé ? Tape-le plus bas : la page l’épelle lettre par lettre et en montre la prononciation.

L’alphabet portugais brésilien et sa prononciation

Chaque carte donne la lettre, son nom au Brésil, ce nom en API avec une transcription approximative en français, et un mot d’exemple. Touche le haut-parleur à côté de la lettre pour entendre son nom, et celui du mot pour entendre la lettre dans un vrai mot.

á
[a] · « a »
amigo — ami
bê
[be] · « bé »
bola — ballon
cê
[se] · « sé »
casa — maison
dê
[de] · « dé »
dia — jour
é
[ɛ] · « è »
ela — elle
efe
[ˈɛfi] · « èfi »
família — famille
gê
[ʒe] · « jé »
gato — chat
agá
[aˈɡa] · « aga »
hoje — aujourd’hui
i
[i] · « i »
ilha — île
jota
[ˈʒɔtɐ] · « jota »
janela — fenêtre
cá
[ka] · « ka »
karatê — karaté
ele
[ˈɛli] · « èli »
livro — livre
eme
[ˈẽmi] · « émi »
mãe — mère
ene
[ˈẽni] · « éni »
noite — nuit
ó
[ɔ] · « o »
olho — œil
pê
[pe] · « pé »
pão — pain
quê
[ke] · « ké »
queijo — fromage
erre
[ˈɛʁi] · « èrri »
rua — rue
esse
[ˈɛsi] · « èssi »
sol — soleil
tê
[te] · « té »
tudo — tout
u
[u] · « ou »
uva — raisin
vê
[ve] · « vé »
você — tu
dáblio
[ˈdabliu] · « dabliou »
wi-fi — wifi
xis
[ʃis] · « chisse »
xícara — tasse
ípsilon
[ˈipsilõ] · « ipsilon »
yoga — yoga
zê
[ze] · « zé »
zero — zéro

Les voyelles se nomment par leur propre son, á, é, i, ó, u, et le E et le O sont ouverts, comme dans « fête » et « porte ». Attention au U : c’est un « ou », jamais le u français. La plupart des consonnes suivent deux modèles : consonne + « é » (bê, cê, dê, gê, pê, quê, tê, vê, zê) ou « è » + consonne + « i » (efe, ele, eme, ene, erre, esse). Agá, jota, cá, dáblio, xis et ípsilon font bande à part. Le H s’appelle donc agá et non « ache », le Q quê et non « ku ».

Les variantes. L’accord précise lui-même que ces noms sont des suggestions, pas les seuls corrects. Il admet aussi « guê » pour le G et « capa » pour le K, les noms courants au Portugal ; au Brésil, on dit gê et cá. Le W s’écrit dáblio ou dábliu, et pour le Y tu entendras aussi « ipsilone » et « i grego », l’équivalent de notre « i grec ». Dans une partie du Nordeste, surtout à Bahia, d’anciens noms comme fê, lê, mê, nê et rê sont encore vivants.

Où l’on trouve le K, le W et le Y. Les règles les réservent aux noms étrangers et à leurs dérivés (Kafka ; Darwin → darwinismo ; Kuwait) et aux symboles et unités : km, kg, kW. Dans la vie courante, ils apparaissent aussi dans des emprunts : wi-fi, yoga, karatê.

23 ou 24 lettres ? Avant l’accord, l’orthographe brésilienne comptait 23 lettres de base et traitait le K, le W et le Y comme des lettres d’usage spécial. Le ç et les digrammes comme ch ou lh n’ont jamais compté comme des lettres à part, ni avant ni maintenant.

Les lettres qui ne se prononcent pas comme en français

Bonne nouvelle : beaucoup de sons portugais existent en français. Les pièges sont peu nombreux, mais tenaces. Voici l’essentiel ; chaque règle est détaillée dans notre guide de prononciation du portugais brésilien.

C, Ç, G, J, CH : comme en français. C se dit « k » devant a, o, u et « s » devant e, i ; ç (cê-cedilha) se dit toujours « s ». G devant e, i et le j se disent comme le j français.

casa[ˈkazɐ]— maisoncidade[siˈdadʒi]— villeaçúcar[aˈsukɐʁ]— sucregato[ˈgatu]— chatgente[ˈʒẽtʃi]— gensjanela[ʒaˈnelɐ]— fenêtre

Le H initial est muet, comme en français.

hoje[ˈoʒi]— aujourd’huihotel[oˈtɛw]— hôtelhomem[ˈõmẽj̃]— homme

Le R a deux sons. En début de mot et en rr, il est soufflé dans la gorge, assez proche du r français. Mais un r simple entre deux voyelles est un r roulé bref, d’un seul battement, comme en espagnol. D’où la différence entre caro (« cher ») et carro (« voiture »), et le nom de la lettre, erre, qui se dit « èrri ».

rua[ˈʁuɐ]— ruecarro[ˈkaʁu]— voiturecaro[ˈkaɾu]— cher

S et Z : comme en français. Le s entre voyelles se dit [z], le z aussi, et ss donne un « s » entre voyelles.

mesa[ˈmezɐ]— tablecoisa[ˈkojzɐ]— chosezero[ˈzeɾu]— zéro

Le X a quatre sons : le plus souvent « ch », mais aussi [z], « s » et « ks ». Aucune règle ne dit lequel : apprends-le avec chaque mot.

xícara[ˈʃikaɾɐ]— tasseexame[eˈzɐ̃mi]— examenpróximo[ˈpɾɔsimu]— prochaintáxi[ˈtaksi]— taxi

D et T devant le son « i » deviennent « dj » et « tch », y compris en fin de mot : noite se dit « noï-tchi ».

dia[ˈdʒiɐ]— jourtia[ˈtʃiɐ]— tantenoite[ˈnojtʃi]— nuit

Le -e et le -o finaux non accentués se disent « i » et « ou ».

nome[ˈnõmi]— nomnovo[ˈnovu]— nouveauleite[ˈlejtʃi]— lait

Le L en fin de syllabe se dit comme un « ou » bref : Brasil se dit « brazi-ou ».

sol[ˈsɔw]— soleilBrasil[bɾaˈziw]— Brésilpapel[paˈpɛw]— papier

Les digrammes : ch, lh, nh, rr, ss, qu et gu

Un digramme, ce sont deux lettres pour un seul son. Ils ne font pas partie de l’alphabet, mais à la lecture ils fonctionnent comme des lettres.

ch se dit « ch », comme en français :

chave[ˈʃavi]— cléchuva[ˈʃuvɐ]— pluie

lh ressemble au « li » de « million », et nh au « gn » de « montagne » :

filho[ˈfiʎu]— filsmulher[muˈʎeʁ]— femmebanho[ˈbɐ̃ɲu]— bainvinho[ˈvĩɲu]— vin

rr est le même son soufflé que le r initial, et ss un « s » entre voyelles :

guerra[ˈgeʁɐ]— guerrecachorro[kaˈʃoʁu]— chienpessoa[peˈsoɐ]— personnenosso[ˈnosu]— notre

qu et gu. Devant e et i, le u est en général muet, comme en français (queijo, guitarra). Devant a et o, il se prononce : quando se dit « kouan-dou », água « a-goua ».

queijo[ˈkejʒu]— fromageaqui[aˈki]— iciquando[ˈkwɐ̃du]— quandquatro[ˈkwatɾu]— quatreguitarra[giˈtaʁɐ]— guitare électriqueágua[ˈagwɐ]— eau

Jusqu’en 2009, un u prononcé devant e ou i portait un tréma (lingüiça, cinqüenta). L’accord l’a supprimé, et l’orthographe ne le montre plus : écoute ces mots une fois, le son restera.

linguiça[lĩˈgwisɐ]— saucissecinquenta[sĩˈkwẽtɐ]— cinquante

Les accents et la cédille

Les accents ne créent pas de nouvelles lettres : á reste un a, simplement accentué. Mais ils changent la lecture, et on les nomme quand on épelle.

acento agudo
L’accent aigu marque la syllabe accentuée ; sur e et o, il indique en plus le son ouvert, « è » et le o de « porte ». Avó veut dire « grand-mère ».
café[kaˈfɛ]— caféavó[aˈvɔ]— grand-mèremúsica[ˈmuzikɐ]— musique
acento circunflexo
Le circonflexe marque aussi l’accent tonique, mais sur une voyelle fermée : ê comme dans « été », ô comme dans « beau ». Avô veut dire « grand-père » : à l’écrit, seul l’accent distingue avó et avô.
você[voˈse]— tuavô[aˈvo]— grand-pèreônibus[ˈõnibus]— bus
til
Le tilde sur a et o rend la voyelle nasale : mãe, pão, et õ dans des formes comme põe et lições.
mãe[ˈmɐ̃j̃]— mèrepão[ˈpɐ̃w̃]— painirmã[iʁˈmɐ̃]— sœur
crase
L’accent grave ne se met que sur le a (à, às, àquele) : il marque la fusion de la préposition a avec l’article a, comme dans vou à praia, « je vais à la plage ». Il ne change pas le son. Le signe s’appelle en fait acento grave et la crase désigne la fusion, mais au Brésil on dit « a com crase ».
cê-cedilha
La cédille donne un « s » devant a, o, u, comme en français. Aucun mot ne commence par ç.
coração[koɾaˈsɐ̃w̃]— cœuralmoço[awˈmosu]— déjeunermaçã[maˈsɐ̃]— pomme

Pour épeler, les Brésiliens disent « é com acento agudo », « ô com circunflexo », « a com til », « a com crase », « com cê-cedilha », ou simplement « com acento », et l’autre demande lequel.

Les voyelles nasales et les autres sons que l’alphabet ne montre pas

Le tableau des lettres ne montre pas tous les sons. Les voyelles nasales, les e et o ouverts ou fermés, les diphtongues qui se réduisent à l’oral et l’accent qui ne s’écrit pas vivent entre les lettres, et ce sont eux qui font trébucher quand on lit à voix haute. Voici ce qu’il te faut en plus du nom des lettres.

Le tilde et les diphtongues nasales : -ão, -ãe, -õe

La voyelle sous le tilde est nasale, suivie d’un bref « ou » ou « ï » : -ão est un « aou » nasal (mão, pão), -ãe et -ães un « aï » nasal (mãe, pães), -õe et -ões un « oï » nasal (põe, lições). Il n’y a pas de vrai n à la fin. Au pluriel, -ão devient -ões, -ães ou -ãos (lições, pães, mãos), et rien dans le mot ne dit lequel : apprends le pluriel avec lui.
mão[ˈmɐ̃w̃]— mainlimão[liˈmɐ̃w̃]— citron vertmãe[ˈmɐ̃j̃]— mère

Les finales -am, -em et -ens : encore des diphtongues nasales

Le -am atone des verbes sonne comme -ão, mais sans l’accent : falam [ˈfalɐ̃w̃]. -em et -ém sont un « eï » nasal : bem, também, homem. -ens, c’est la même chose plus un s : homens, jovens. Les lèvres ne se ferment pas à la fin : le m indique seulement que la voyelle est nasale.
bem[ˈbẽj̃]— bientambém[tɐ̃ˈbẽj̃]— aussihomem[ˈõmẽj̃]— homme

M et N après une voyelle : la voyelle devient nasale

Quand m ou n ferme la syllabe, la voyelle devient nasale et la consonne s’entend à peine, un peu comme en français : campo, mundo, bom, um, assim. Devant p et b, on écrit m (campo, também), devant les autres consonnes, n (mundo, ponte). Entre deux voyelles, m et n se prononcent pleinement (ano, cama), même si au Brésil la voyelle qui précède est elle aussi légèrement nasale.
campo[ˈkɐ̃pu]— terrainmundo[ˈmũdu]— mondebom[ˈbõ]— bonum[ˈũ]— un

E et o ouverts ou fermés sans accent

L’accent n’indique le timbre que là où il figure : é et ó sont ouverts (café, avó), ê et ô fermés (você, avô). Sans accent, un e ou un o accentué peut être l’un ou l’autre : ela a le e ouvert de « fête », ele un e fermé ; bola et sol ont le o ouvert de « porte », boca et todo le o fermé de « beau ». Il n’y a pas de règle : retiens le timbre avec le mot. Un indice : dans des séries comme novo – nova – novos, le o s’ouvre au féminin et au pluriel, et de même dans olho – olhos.
Ouverts
ela[ˈɛlɐ]— ellebola[ˈbɔlɐ]— ballonsol[ˈsɔw]— soleil
Fermés
ele[ˈeli]— ilboca[ˈbokɐ]— bouchetodo[ˈtodu]— tout

Les voyelles atones et les petits mots

Un e atone en début de mot, devant s, se dit le plus souvent « i » : escola [isˈkɔlɐ], esperar [ispeˈɾaʁ]. Les petits mots suivent les mêmes règles : e (« et ») se dit « i », les articles o et os « ou » et « ous », que « ki » et de « dji » (ou « di » là où le d ne change pas devant « i »). Ainsi, o carro e a casa se dit à peu près [u ˈkahu i a ˈkazɐ].
escola[isˈkɔlɐ]— écoleesperar[ispeˈɾaʁ]— attendre

Les diphtongues ou, ei et ai à l’oral

ou se réduit presque toujours à un seul o fermé : pouco [ˈpoku], outro [ˈotɾu]. ei devant r, j et x, et ai devant x, perdent souvent leur « ï » : primeiro [pɾiˈmeɾu], beijo [ˈbeʒu], peixe [ˈpeʃi], caixa [ˈkaʃɐ]. En fin de mot (sei, sai) et dans des mots comme reitor, le « ï » reste. À l’écrit, la diphtongue est toujours là.
pouco[ˈpoku]— peu depeixe[ˈpejʃi ~ ˈpeʃi]— poissonprimeiro[pɾiˈmejɾu ~ pɾiˈmeɾu]— premier

Le S en fin de syllabe et entre les mots

En fin de syllabe, le s se dit « s » devant une consonne sourde (festa) et [z] devant une consonne sonore : mesmo [ˈmezmu], turismo [tuˈɾizmu]. Devant la voyelle du mot suivant, le s final devient aussi [z], comme une liaison : os amigos [uz aˈmiɡus], dois anos [ˈdojz ˈɐ̃nus]. À Rio et dans quelques autres villes, on entend à la place « ch » et « j » en fin de syllabe (voir la partie sur les régions), mais devant une voyelle, c’est là aussi un [z].
mesmo[ˈmezmu]— mêmeturismo[tuˈɾizmu]— tourisme

Quand le x est presque sûrement « ch », [z] ou « s »

Il n’y a pas de règle générale pour le x, mais quelques repères sont fiables. Après une diphtongue, le x est presque toujours « ch » : caixa, peixe, deixar (les exceptions en « s », comme auxílio et trouxe, sont rares). Après un en- initial, c’est aussi « ch » : enxada, enxergar. Le préfixe ex- devant une voyelle donne en général [z] : exemplo, exame ; devant une consonne, « s » : texto, explicar (« ch » à Rio).
deixar[dejˈʃaʁ]— laisserexemplo[eˈzẽplu]— exempletexto[ˈtestu]— texte

sc, sç et xc : un seul « s »

sc devant e et i, sç devant a et o, et xc devant e et i se lisent comme un seul « s » : nascer [naˈseʁ], piscina [piˈsinɐ], nasço [ˈnasu], exceção [eseˈsɐ̃w̃]. Ce sont des digrammes comme ss, que les tableaux de l’alphabet montrent rarement.
nascer[naˈseʁ]— naîtrepiscina[piˈsĩnɐ]— piscineexceção[eseˈsɐ̃w̃]— exception

Le « i » invisible entre les consonnes

Quand se suivent des consonnes que le portugais n’associe normalement pas (dv dans advogado, pn dans pneu, tm dans ritmo), les Brésiliens glissent souvent un bref « i » entre elles : advogado [adʒivoˈɡadu], pneu [piˈnew], ritmo [ˈhitʃimu]. Devant ce « i », d et t deviennent « dj » et « tch », comme d’habitude. Dans une étude en laboratoire auprès d’habitants de Florianópolis, cette voyelle apparaissait dans environ trois cas sur quatre.

Où tombe l’accent quand il n’est pas écrit

Les mots terminés par -a, -e, -o (avec ou sans -s) et par -am, -em, -ens sont accentués sur l’avant-dernière syllabe : casa, nome, falam, homem. Ceux qui finissent par -i, -u, -l, -r, -z, -x, -im, -om, -um, par les nasales -ã et -ão ou par une diphtongue le sont sur la dernière : aqui, Brasil, falar, feliz, comum, irmã, feijão. Tout ce qui sort de ces règles porte un accent écrit : café, você, música, fácil.
casa[ˈkazɐ]— maisonfeliz[feˈlis]— heureuxaqui[aˈki]— ici

Comment ça sonne à Rio, à São Paulo, dans le Nordeste et dans le Sud

Les transcriptions de cet article montrent une seule façon de dire chaque mot. Mais le Brésil est immense, et quelques sons changent nettement d’une ville à l’autre. Voici huit de ces différences, avec l’endroit où l’on entend chaque variante, d’après l’Atlas linguistique du Brésil (Atlas Linguístico do Brasil, ALiB) et des études de villes précises. Ce sont des tendances, pas des frontières : dans une même ville, on entend souvent les deux variantes, et aucune n’est une faute.

S et Z en fin de syllabe : « s » ou « ch »

festa— fêtedois— deux
Rio de Janeiro, Belém, Florianópolis
festa [ˈfɛʃtɐ]dois [ˈdojʃ]
Presque toujours « ch », en fin de mot aussi. Devant une consonne sonore, il devient « j » : mesmo [ˈmeʒmu].
Recife, Salvador, Manaus, Macapá, Cuiabá
festa [ˈfɛʃtɐ]dois [ˈdojʃ ~ ˈdojs]
Surtout « ch » aussi, mais moins systématiquement qu’à Rio : tu entendras les deux.
João Pessoa, Natal, Maceió
festa [ˈfɛʃtɐ]dois [ˈdojs]
À l’intérieur du mot, on entend les deux, et « ch » surtout devant t et d : à João Pessoa, c’est presque toujours « ch » à cet endroit et presque jamais devant les autres consonnes. En fin de mot, en général « s ». Dans mesmo et desde, le s n’est souvent qu’un souffle : [ˈmehmu].
São Paulo, Belo Horizonte, Curitiba, Porto Alegre
festa [ˈfɛstɐ]dois [ˈdojs]
En général « s », et [z] devant une consonne sonore : mesmo [ˈmezmu]. Pareil dans presque tout le Centre-Ouest, sauf à Cuiabá.
Choisis une variante pour toi : les deux se comprennent partout. Retiens seulement que le « ch » final d’un Carioca, c’est le même s, pas un autre mot.

Le R en fin de syllabe : soufflé, roulé bref ou « à l’américaine »

porta— portemar— mer
Rio de Janeiro, Vitória, Florianópolis et les capitales du Nord et du Nordeste
porta [ˈpɔhtɐ]mar [ˈmah]
Un son sourd, du simple souffle [h] jusqu’à un « kh » râpeux. À Belo Horizonte, c’est le plus souvent un souffle léger, même si on y entend aussi d’autres variantes.
La ville de São Paulo
porta [ˈpɔɾtɐ]mar [ˈmaɾ]
Le plus souvent un r roulé bref, d’un seul battement. Le r « à l’américaine » de l’intérieur s’entend aussi.
L’intérieur des États de São Paulo et du Paraná, le sud et l’ouest du Minas Gerais, le Centre-Ouest (Cuiabá, Campo Grande, Goiânia)
porta [ˈpɔɻtɐ]mar [ˈmaɻ]
Le fameux « r caipira » : la pointe de la langue se recourbe vers l’arrière, comme le r de l’anglais américain « car ». À Cuiabá et à Campo Grande, c’est presque la seule variante.
Porto Alegre, Curitiba
porta [ˈpɔɾtɐ]mar [ˈmaɾ]
En général un r roulé bref, parfois celui « à l’américaine ». Florianópolis fait exception : on y entend surtout le r soufflé de Rio.
Dans les infinitifs, le r final disparaît le plus souvent : falar [faˈla], comer [koˈme]. D’après l’atlas ALiB, dans les capitales, presque trois infinitifs sur quatre le perdent.

Le R initial et rr : soufflé ou roulé

rato— ratcarro— voiture
Presque tout le Brésil, Rio, São Paulo et Porto Alegre compris
rato [ˈhatu]carro [ˈkahu]
Un son sourd de gorge, du léger souffle jusqu’à un « kh » proche du r français.
Une partie du Rio Grande do Sul et de Santa Catarina, surtout chez les plus âgés et dans les communautés d’origine italienne et allemande
rato [ˈratu]carro [ˈkaru]
Un r roulé, comme en espagnol ou en italien. Dans certaines de ces communautés, rr n’est même qu’un battement, et carro se confond avec caro.
Même à Porto Alegre, le r roulé est devenu rare, presque entièrement remplacé par le r soufflé. Adopte le r soufflé : caro et carro ne se confondront jamais.

D et T devant le son « i » : « dji/tchi » ou « di/ti »

dia— jourtia— tanteleite— lait
Rio de Janeiro, São Paulo, Belo Horizonte, Vitória, Porto Alegre, Fortaleza, São Luís, Belém et la plupart des autres capitales
dia [ˈdʒiɐ]tia [ˈtʃiɐ]leite [ˈlejtʃi]
Dans les huit premières villes, pratiquement toujours. Salvador aussi : 85 % des cas dans des enregistrements des années 1970.
Recife, João Pessoa, Maceió, Aracaju, ainsi que l’intérieur du Rio Grande do Norte et le sud du Ceará (Cariri)
dia [ˈdiɐ]tia [ˈtiɐ]leite [ˈlejti]
Le plus souvent d et t simples, comme au Portugal. En revanche, à Maceió et à Aracaju, un « tch » peut suivre un « ï » : oito [ˈojtʃu], muito [ˈmũjtʃu], surtout chez les plus âgés.
Natal, Curitiba, Florianópolis, Cuiabá et l’intérieur du Rio Grande do Sul
dia [ˈdʒiɐ ~ ˈdiɐ]tia [ˈtʃiɐ ~ ˈtiɐ]leite [ˈlejtʃi ~ ˈlejti]
On entend les deux. À Curitiba, leite se dit souvent [ˈlejte] : la finale -e y reste souvent un « é » (voir la carte sur les voyelles finales).
Apprends « dj » et « tch » : c’est ce que dit la majorité. Les d et t simples du Nordeste ne sont pas une faute, mais la norme locale.

Les finales atones -e et -o : « i/ou » ou « é/o »

cidade— villenovo— nouveau
Presque tout le Brésil : Rio, São Paulo, le Nordeste, Porto Alegre, Florianópolis
cidade [siˈdadʒi]novo [ˈnovu]
« i » et « ou ». À Porto Alegre et à Florianópolis, la finale -o se dit « ou » dans 95 à 97 % des cas.
Curitiba et une partie de l’intérieur du Sud : Chapecó, Flores da Cunha, Irati, les communautés d’origine italienne et polonaise
cidade [siˈdade]novo [ˈnovu ~ ˈnovo]
La finale -e reste souvent un « é », comme à l’écrit, et alors d et t restent durs : cidade [siˈdade]. La finale -o se dit encore surtout « ou », mais on entend aussi « o », surtout chez les plus âgés ; dans certaines communautés d’origine polonaise, les deux voyelles ne changent presque pas.

Le L en fin de syllabe : « ou » ou « l »

Brasil— Brésilmal— mal
Presque tout le Brésil
Brasil [bɾaˈziw]mal [ˈmaw]
Un « ou » bref. C’est pourquoi mal (« mal ») et mau (« mauvais ») se prononcent pareil.
L’intérieur du Rio Grande do Sul : la frontière avec l’Uruguay et l’Argentine et les communautés d’origine italienne et allemande, surtout chez les plus âgés
Brasil [bɾaˈziɫ]mal [ˈmaɫ]
Un l vélaire, comme dans l’anglais « full ». Cette variante recule : à Flores da Cunha, le « ou » était absent au début des années 1990, et en 2008-2009 il représentait déjà 72 % des cas.

E et O avant la syllabe accentuée : fermés ou ouverts

pedaço— morceaucoração— cœur
Le Sud-Est et le Sud : Rio, São Paulo, Belo Horizonte, Curitiba, Porto Alegre
pedaço [peˈdasu]coração [koɾaˈsɐ̃w̃]
E et o fermés : 75 à 100 % des cas dans les capitales de ces régions, pratiquement toujours à São Paulo.
Le Nordeste : Recife, Salvador, Fortaleza, João Pessoa, Natal, Maceió, Aracaju, Teresina, São Luís
pedaço [pɛˈdasu]coração [kɔɾaˈsɐ̃w̃]
Souvent ouverts, comme dans « fête » et « porte ». Les fermés ne font ici que 39 à 49 % des cas.
C’est ce trait que le philologue Antenor Nascentes a utilisé dès 1953 pour diviser les accents du Brésil entre Nord et Sud. Mais aujourd’hui, le Nord (Belém, Manaus) garde surtout ces voyelles fermées : le Nord et le Nordeste se séparent ici.

Un « ï » en plus devant le s final : três, mas, arroz

três— troismas— maisarroz— riz
Rio de Janeiro
três [ˈtɾejʃ]mas [ˈmajʃ]arroz [aˈhojʃ]
Un « ï » apparaît devant le s final d’une syllabe accentuée : mas (« mais ») et mais (« plus ») se prononcent donc pareil.
Porto Alegre, Curitiba
três [ˈtɾes]mas [ˈmas]arroz [aˈhos]
En général sans « ï ». Parmi les capitales du Sud, c’est à Florianópolis qu’on l’entend le plus.

Laquelle choisir ? Celle que tu entends autour de toi : à Rio, « ch » et un r soufflé en fin de syllabe ; à São Paulo, « s » et un r roulé bref. Si tu ne sais pas encore où tu vivras, choisis une variante pour chaque son et tiens-t’y : on te comprendra dans toutes les villes, et tu apprendras à reconnaître les autres à l’oreille.

Comment épeler ton nom en portugais

  1. Éé + acento agudo
  2. Lele
  3. Oó
  4. Ddê
  5. Ii
  6. Eé
  7. Meme
  8. Aá
  9. Rerre
  10. Ttê
  11. Ii
  12. Nene

ɛ · ˈɛli · ɔ · de · i · ɛ / ˈẽmi · a · ˈɛʁi · te · i · ˈẽni

Le lien de la page garde le nom saisi : tu peux l’enregistrer ou l’envoyer.

Au Brésil, tu épelleras ton nom sans arrêt : à la Polícia Federal pour ton RNM, dans un cartório, à la banque, à l’accueil d’une clinique, à la pharmacie ou au téléphone. Le verbe à connaître est soletrar, « épeler ». Voici les phrases utiles :

Como se escreve?Ça s’écrit comment ?
Pode soletrar, por favor?Tu peux l’épeler, s’il te plaît ?
É com zê ou com esse?C’est avec un z ou un s ?
Com dois esses.Avec deux s.
Souza: esse, ó, u, zê, á.Souza : S, O, U, Z, A.
qual é o seu nome?comment tu t’appelles ?
pode repetir, por favor?tu peux répéter, s’il te plaît ?
pode escrever?tu peux l’écrire ?
mais devagar, por favorplus lentement, s’il vous plaît

Un échange typique au guichet :

Agent : Qual é o seu sobrenome?Quel est ton nom de famille ?

Toi : Lefèvre.Lefèvre.

Agent : Como se escreve?Ça s’écrit comment ?

Toi : Ele, é, efe, é com acento grave, vê, erre, é.L, E, F, E accent grave, V, R, E.

Agent : Com vê ou com dáblio?Avec un V ou un W ?

Toi : Com vê, de vaca.Avec un V, comme dans « vaca ».

Précise la lettre avec un mot. Au téléphone, bê et vê ou esse et efe se confondent facilement, alors les Brésiliens ajoutent un mot : « bê de bola », « vê de vaca », « esse de sapo ». Les lettres doubles se comptent : « com dois esses », « com dois erres ».

Utilise les noms portugais, pas les noms français. Un « u » français ou un « i grec » prononcé à la française se comprend mal. Tes accents français se nomment comme en portugais : le è de Lefèvre est « é com acento grave ».

Pour les e-mails et les formulaires : @ se dit arroba, le point ponto, le tiret hífen ou traço, et le tiret bas underline. « Tudo junto » veut dire attaché, « separado » séparé, et maiúscula et minúscula, majuscule et minuscule.

En bref

Combien de lettres compte l’alphabet portugais ? 26, comme en français. Le ç et les digrammes ch, lh, nh, rr, ss, gu et qu ne comptent pas comme des lettres.

L’alphabet brésilien est-il différent de celui du Portugal ? Les lettres sont les mêmes. Quelques noms changent (guê et capa sont plus courants au Portugal) et surtout la prononciation : voir portugais brésilien ou européen.

Comment retenir le nom des lettres ? Épelle à voix haute ton prénom, ton nom et ta rue en vérifiant avec l’audio. Deux jours plus tard, recommence sans aide et réécoute les lettres qui ne sont pas revenues.

Écoute et répète de vrais mots

Chaque mot du dictionnaire Mnezo est fourni avec un audio BR-PT synthétisé et une transcription API : écoute, répète à voix haute, et l’entraîneur programme la prochaine révision selon tes réponses.

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